On sait le mal terrible que Mme Laure ADLER a fait à la direction de France culture en supprimnt des émissions très appréciées des auditeurs et d'un bon niveau intellectuel : le Panorama, Stacatto d'Antoine SPIRE, les Décraqués, Les chemins de la Musique... et en les remplaçant par des émissions de qualité micro-trottoir. Je ne suis pas contre des reportages d'une heure, mais je ne pense pas que tous aient leur place sur France culture, radio qui à la base était une Université populaire.
J'ai encore de vieilles cassette audio d'émissions enregistrée à la hâte et qui resteront chéries dans mon coeur, notamment un Panorama sur les écrivains du XVIIè siècle, ou encore les interventions nerveuses (avec lesquelles je n'étais pas toujours d'accord, d'ailleurs) d'Antoine SPIRE (sus-cité).
De même que FIP était devenu "Le mouv", jetant au rebus les rares programmations de jazz (ne parlons pas de la musique classique, considérée par la bourgeoisie aux commandes comme une musique "élitiste", donc haïssable), France culture a perdu un bon quart de ses programmes de qualité. La petite dame sensible sus-citée nous dit : Oui, mais la radio a gagné en audience ! Je lui réponds : Je ne me soucie pas de l'audience sur une radio de ce type : elle n'a pas à flatter les bas instincts (à commencer par la facilité), mais à fournir un savoir exigent, de qualité, en accord avec sa mission de radio publique de service public (une bonne répétition pour que tout le monde comprenne). Elle est la dernière à encore le faire. C'est en continuant ce nivellement qu'on fait de l'élitisme, puisque le nombre de ceux qui savent lire et écrire correctement le français, qui ont des références littéraires et musicales (pour qui Beethoven n'est pas un chien et Bartok pas une chauve-souris, mais sont deux musiciens...) continuera de se réduire comme une peau de chagrin (qui sait encore que cette expression provient d'un roman de Balzac, et que le chagrin est un "onagre", non pas un onaniste, mais un âne sauvage, décrit comme un animal fabuleux par le maître ?). Et je ne parle bien sûr pas uniquement de France culture, mais d'une tendance plus générale sur laquelle je reviendrai dans une prochaine note.
Aujourd'hui, je suis tombé (grâce à Acrimed) sur cette pétition, adressée notamment au nouveau dircteur de la station, M. David KESSLER. Il s'agit d'une chose très simple : consulter les associations d'auditeurs pour l'établissement des grilles de programmes. C'est une requête raisonnable et qui, je le crois, aurait tout à apporter à la fois à la station, et aux auditeurs. Je l'ai signée, et pourtant, je n'ai rien d'un "suffraget", ni d'un militant associatif. J'ai juste saisi l'occasion (désespérée, j'en ai peur, mais qui ne tente rien n'a rien, n'est-ce pas ?). On verra bien ce que ça donne.