2008.04.30
Rencontre aux confins du monde connu ニュエル先輩に東京で会った
Moi aussi je me devais d'évoquer ma joyeuse entrevue avec le Maître de L'Annexe, venu spécialement à Tôkyô pour me voir (enfin presque). Ensemble, nous avons dégusté un chat-bout chat-bout des familles (à la viande de boeuf, je tiens à le préciser) dans un restaurant qui a ma prédilection. A la vue de mon petit visage bradpittien de presqu'habitué (ça fait tout de même quatre ans déjà que mon pied foula le sol de cet appréciable établissement), le patron nous offrit charmantement riz, kimch'i et o-konomi-yaki (sorte de grosse galette bourrative). Régalation papillale et appréciage japonal étaient au programme, les délices de l'amitié se mêlant à celles du palais.
Je regrette de ne pas mettre de photos, mais ce blog, voyez-vous, se trouve déjà rempli de mes petits riens, alors qu'en serait-il si j'y mettais mes petits quelque-chose(s) ? Enfin, pour des images de la capitale de la gastronomie (Tôkyô), voyez L'Annexe.
12:30 Publié dans 2008 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学, Séjours au Japon 日本 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : japon, littérature, gastronomie
2008.04.15
Game over, par MC Croche 8
L'ami MC Croche 8 m'a encore envoyé un texte amusant et comme d'habitude farfelu, mais je crains que les trois noms cachés ne parlent qu'aux japonisants et spécialistes d'ethnographie folkloriste, qui plus est...
GAME OVER
Ce n’est pas sans inquiétude que la jeune Clotilde Leffa entra dans la cantine des studios de France 25 (seule chaîne publique rescapée d’une ultime réforme de l’audiovisuel). Il s’agissait de présenter Léa Zitouni, chargée de production toute puissante, la liste des trois indices soumis quotidiennement aux spectateurs afin de les aider à percer le mystère de la grosse énigme, énigme qui constituait le clou de l’émission vedette : « La culture est un jeu ». A vrai dire, si la culture n’était pas oubliée (via quelques interventions des pop-stars du moment), c’était plutôt le jeu (fortement mécéné par Vincent Bolloré) qui faisait le succès du programme. Suite à diverses études de marché, il avait été convenu que chaque liste d’indices devait obligatoirement comporter :
1) le nom d’un animateur du paf ;
2) le nom d’une chose en rapport avec la peinture (pour affirmer la touche culturelle) ;
3) le nom d’un animal (à plumes, exclusivement)
Inutile de dire combien il était parfois difficile pour les jeunes assistants de satisfaire à ces exigences mystérieuses, sur lesquelles Léa Zitouni veillait avec un soin jaloux autant que colérique.
Comme elle était gourmande, on savait bien que le meilleur moyen de ne pas encourir ses foudres redoutables était de la surprendre à l’heure du déjeuner, surtout depuis qu’officiait en cuisine le jeune Otto Grabich, berlinois converti à la gastronomie française, qui lui confectionnait moult petits plats délicieux autant que scrupuleusement à sa convenance.
Clotilde tendit en tremblant la liste journalière juste avant que Léa attaquât sa seconde assiette.
« Et bien Coco, voyons un peu : Y’a Nagui, tache, hibou… ça va ! » conclut-elle en piquant sa fourchette dans un cube de viande en sauce. Puis, coulant un regard bienveillant vers Grabich qui n’attendait que cela, elle ajouta puérilement, pour mieux souligner son bonheur gustatif : « miam, Otto ! »
06:57 Publié dans 2008 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
2008.03.26
Et il traduit, aussi ! Que n'aura-t-on vu ! 僕の川端康成の翻訳は出版されます
Ma traduction de la nouvelle de KAWABATA Yasunari 川端康成, "Les cheveux étaient longs" (「髪は長く」), vient d'être publiée dans la revue universitaire Iris, revue de l'imaginaire, ainsi qu'un article de mon cru sur le mélancolique imaginaire féminin du Sarashina nikki (vous verrez, le titre a été modifié par l'éditeur) et une traduction d'un article du maître de nô de l'Ecole de Nara (la plus rigoureuse) sur les femmes dans le nô. [...]. Tout cela a été fait il y a six ans. [...] Mon article n'est pas transcendant, mais j'ai travaillé sur les textes originaux en japonais classique (c'est toujours ça) et la traduction de la nouvelle se laisse lire sans déplaisir.
Les preuves :
http://w3.u-grenoble3.fr/ellug/index.html/index.php?id=11
http://w3.u-grenoble3.fr/ellug/index.html/fileadmin/templ...
Bien que je ne touche pas un centime sur les ventes, allez tous l'acheter ! (publicité éhontée) Soutenons les revues de recherche !
03:56 Publié dans 2008 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学, Séjours au Japon 日本 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
2006.11.01
HUYSMANS avec les images ユイスマンスの「芸術評論集」について
Comme une bonne nouvelle arrive rarement seule, j'ai découvert hier dans une bonne librairie du centre ville la dernière perle éditoriale du moment. Il s'agit de la publication intégrale des textes de HUYSMANS sur l'Art, dont certains étaient épuisés depuis les années 70, notamment ceux du recueil De tout.
L'éditeur Bartillat confirme sa tendance à aller vers des auteurs moins vendeurs, mais plus "élevés". Une autre raison de se réjouir est la présence de quelques ilustrations, plus que nécessaire lorsqu'il s'agit de critique d'Art, mais curieusement absentes jusque là, à commences par l'(éphémère) édition 10/18 des oeuvres du maître.
Détail peut-être anecdotique : les "Trois primitifs", extraits de Trois églises, trois primitifs, ont été séparés des "Trois églises". Ce sera, je crois, un plaisir pour le lecteur, armé d'un bon dictionnaire comme toujours avec HUYSMANS, de découvrir ce texte en particulier. Lorsque je l'avais lu, sans la moindre illustration, dans une édition ancienne achetée chez un célèbre bouquiniste du Vieux Lyon, j'avais dû tout imaginer, et quelle n'avait pas été ma joie lorsque j'avais pu me procurer une carte postale représentant le triptyque de GRÜNEWALD conservé à Colmar. Pour le lecteur qui découvrira cette oeuvre aujourd'hui, tout lui sera fourni sur un plateau. Sait-il au moins la chance qu'il a ?
2006.10.11
Hommage à Dino BUZZATI (II) ディノ・ブッツァーティへの礼賛 (続)
Il y a quelques temps, je déplorais la non réédition par Robert Laffond des volumes d'Oeuvres de BUZZATI dans la collection Bouquins. Voilà qu'on vient d'y remédier, avec de nouvelles couvertures montrant bien le visage de l'auteur, de façon assez sérieuse et élégante.![]()
Le public (dont votre serviteur par la même occasion) va pouvoir (re)découvrir dans sa cohérence cette oeuvre majeure grâce à cet évènement éditorial de fin d'année. ![]()
08:50 Publié dans 2006 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
2006.09.04
Hommage à Dino BUZZATI ディノ・ブッツァーティへの礼賛
C'est un peu triste, mais c'est ainsi : en ce centième aniversaire de la naissance de Dino BUZZATI (1906-1972), presque aucun évènement n'est prévu dans notre pays de déculturés. Je me rappelle l'avoir connu grâce à ma famille, et l'avoir ensuite brièvement étudié en sixième (c'était Le K / Il colombre) et plus longuement en terminale (Le désert des Tartares / Il deserto dei Tartari). J'avais apprécié, mais pas autant qu'aujourd'hui, la lecture de ces nouvelles au ton reconnaissable et à l'écriture parfaitement maitrisée, sans un mot superflu, ni trop courtes.
Dans L'écroulement de la Baliverna (Il crollo della Baliverna), c'est une trentaine de nouvelles qui évoquent, sous un apparent pessimisme (en réalité un simple fatalisme qui tient autant su stoïcisme que du catholicisme), une recherche de la libération métaphysique du narrateur, parfois un pécheur, souvent un personnage plus flou, qui aurait aimé pécher, mais qui ne l'a pas tant fait que cela. Je n'en sens jamais Dieu absent, bien que cette référence ne soit pas verbalement lourde. Et c'est tant mieux, l'effet n'en est que plus grand. Parmi ces nouvelles, trois m'ont particulièrement plu :
"La machine à arrêter le temps", où un savant plein de démesure (on m'avait appris à l'époque du lycée que le mot grec "hybris" faisait mieux... ) trouve le moyen de ralentir le temps dans un lieu bien délimité mais, encore un peu prudent, ne se soumet pas lui même à l'expérience.
"Le dénonciateur" : nouvelle romaine (les personnages ont curieusement tous de snoms en -o en non en -us), où un sénateur est torturé par le remortds d'avoir trop parlé.
Enfin, "L'homme qui voulut guérir" qui m'apparaît comme une très belle mise en scène d'un acte de foi.
La lecture du Le Désert des Tartares m'avait fait entrevoir la chape de plomb du destin que cet auteur se plaisait à décrire comme nul autre, et avec une économie de moyen qui encore une fois, tient plus de la maitrise la plus absolue que de quoi que ce soit d'autre.
Je ne peux qu'inviter le lecteur curieux à (re)lire L'écroulement de la Baliverna (et qu'il ne se laisse pas décourager par la contestable couverture de l'édition Folio)
. Je ne peux par ailleurs que souhaiter la réédition du recueil de ses Oeuvres dans la collection Bouquins, de Robert Lafond.
08:05 Publié dans 2006 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
2006.06.11
Derrnièrre découverrte littérrairre アリナ・レイエスの『ローズの手帳』について
Je viens de terminer la lecture d'un ouvrage fort (ré)jouissant. Il s'agit du dernier livre d'Alina REYES : Le carnet de Rrose. Vous avez bien lu : le redoublement du "r" n'est (pour une fois !) pas dû à une faute de frappe de ma part. Faut-il y voir une allusion à Rrose Sélavy, personnage créé par Marcel Duchamp (en 1920) ? Peut-être, mais je préfère y voir (et le lecteur n'a-t-il pas le droit de voir ce qui lui plaît) un léger rraclement de la gorrge, comme pour se l'éclaircirr aprrès s'en êtrre serrvi (qui sait ?), un léger roulement d'accent polonais. Comme aussi une insistance à rrépéter cerrtaines choses.![]()
Je ne suis pas un habitué de la littérature dite érrotique. Quand je pense à la littérature, je me concentre sur les auteurs, leur style, leurs thématiques plus que sur le genre lui-même. Ainsi par exemple, bien que n'ayant pas d'intérêt particulier pour le genre policier, j'apprécie beaucoup le roman La promesse de DÜRRENMATT (et ce livre dépasse à mon sens le cadre du roman policier, si tant est, bien sûr, qu'il y en ait un) ou les Juge Ti de Robert Van GULIK (et ce, pas seulement grâce au cadre asiatique dans lequel ils se déroulent), mais pour la re-création de tout un monde cohérent, peuplé de personnages crédibles, incroyablement vivants.
Bref, j'ai lu ce livre en ayant davantage à coeur de découvrir un auteur que de me retrouver devant un genre. Vous me direz, au final(e), quelle différence ? Pas grand chose, si ce n'est que je n'ai pas cherché à comparer ce livre à ceux de la même catégorie. J'ai seulement voulu savoir s'il était bon ou pas. Et, ma foi, et sympathie pour son auteur mise à part, je peux affirmer qu'à mes yeux, oui, il l'est.
Tout d'abord, dans sa forme. Loin d'être le reflet d'un manque, sa brièveté m'apparaît au contraire comme la marque d'une maîtrise. On ne s'ennuie jamais (ce qui semble être le risque en matière de littérature érotique) car ce n'est pas trop répétitf, et la forme éclatée, teintée ça et là d'une intertextualité discrète qui évoque un peu à la fois MONTAIGNE et les blogs, permet partcilièrement bien la relecture, voire la relecture "au hasard", comme il arrive à certaines personnes de le faire avec la Bible, ou comme je le fais moi-même parfois avec les Mémoires de SAINT-SIMON.
L'expression est limpide, précise, crue souvent, mais sans laideur, et surtout, et là je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle est le fruit d'un grand travail, dégage une impression de simplicité et de modestie joyeuse et joueuse.
Pour ce qui est du fond, là encore, comme cela a été remarqué ailleurs, il ne s'agit pas de l'histoire d'une femme facile, ou pire. Non, il s'agit d'une femme, certes fort lubrique, mais fidèle à chaque fois à son amant du moment. Et la liste de ces hommes se monte à huit, ce qui est à la fois beaucoup (en terme d'amours) et peu (comparé à des personnages plus sexuellement compulsifs). Cette Rrose, qui m'apparaît comme à la fois meneuse du jeu et généreuse amoureuse, est en même temps le sexe lui-même, et la femme qui le possède, une femme que la plupart des hommes normalement consitués rêverait de rencontrer, en rêve tout du moins. Ceci étant, peut-on parler d'un livre qui ne se lit que d'une main ? Pour ma part, si j'avoue certes avoir été troublé, je l'ai lu en gentlemen, tout habillé, le plus souvent à ma table de bureau, tout simplement. J'en ai fait lire quelques extraits à ma mère (complètement mal à l'aise) et à ma grand-mère, simplement surprise par la sincérité, la liberté et la précision des mots de cette femme qui osait tout dire. Mais elle n'est pas allée jusqu'à en lire plus de deux paragraphes. La grandeur de ce petit livre vient donc à mon sens de ce qu'il est dépourvu de prétention, et que ce qu'il fait, il le fait bien. Et c'est même au milieu de la description de l'activité la plus animale qu'il décrit avec le plus de justesse certains des mécanismes psychologiques, voire symboliques à la limite du religieux (mais ne s'agit-il pas alors de re-lier les gens entre eux ? ), qui agissent dans la femme dans ces moments-là. Probablement y a-t-il plusieurs niveaux d'appréciation de ce livre, et c'est fort bien comme cela. Beaucoup peuvent y trouver leur compte. Pour ma part, il m'a semblé, l'espace des instants fort agréables qu'il m'a fait passer, que je comprenais ce que pensait la narratrice - qu'il ne faudrait pas, je pense, confondre complètement avec l'auteur - et qu'au delà de ses propres désirs qu'elle assouvissait dès la première page du livre, c'était aussi pour le lecteur respectueux qu'elle le faisait. Car, au fond, dans ce livre, la vraie jouissance, plus que celle des corps, c'est celle des mots qui les disent.
Alina REYES : Le carnet de Rrose, Robert Laffont, Paris, 2006, 60p., 10 €.
08:45 Publié dans 2006 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
2006.05.28
Des nouvelles de l'étrange 江戸時代の中国文学について
J'avais déjà salué l'évènement éditorial que représentait la sortie en français d'une nouvelle traduction de référence, et complète cette fois, des Contes curieux du pavillon des loisirs 聊齋志異 de PU Songling 蒲松齡 (1640-1715) sous le titre Chroniques de l'étrange, par André LEVY, chez Philippe Picquier.
A peu près au même moment (décembre 2005) était sorti Des nouvelles de l'au-delà,
un choix de contes de JI Yun 紀昀 (1724-1805), extraits de son recueil Notes de la chaumière des observations subtiles 閱微草堂筆記, dont un choix de textes plus important, Passe-temps d'été à Luanyang, avait déjà été édité, traduit par Jacques DARS.
Il m'est apparu étrange que personne, en dehors des cercles sinologiques savants, n'ait pensé à comparer les deux. Et plus étrange encore que personne n'ait fait le parallèle avec les écrivains européens de la même époque. Avec PU, c'est toute la truculence de l'époque baroque qui ressort avec un certain humour, une sorte de SCARRON fantastique, alors que chez JI, c'est le XVIIIe siècle, tout en concision et en efficacité, qui se révèle à nous, comme chez un VOLTAIRE, le brillant et le génie en moins.
Malgré l'excellence de la traduction de J. DARS, ce qui m'est resté de la lecture du second, c'est l'impression persistante d'être resté sur ma faim. Il manque un je ne sais quoi, une touche d'humour plus naturel, des descriptions plus longues, plus vivantes. C'est un peu sec, et c'est dommage, car au niveau du fond, ce serait plutôt une excellente base. Est-ce à dire qu'il ne faudrait pas lire ce livre ? Non pas, au contraire. Il m'a fait passer de bons moments. Ce qu'il faut juste, c'est ne pas trop s'emballer avant. Quand on le lit sans espoir particulier, on est au contraire assez agréablement surpris. Vous y découvrirez des scènes de ménage de renards, des squelettes de grand-mères souillées par leur petit fils, des fantomes accueillants mais moralisateurs, des concubines battues par des esprits et des mauvais garçons punis par des magiciens.
Je me demande d'ailleurs ce que cela pourrait donner dans la version plus longue sus-citée (Passe-temps...), la quantité jouant positivement.
J'ajoute enfin que les Chroniques de l'étranges sont rééditées au format de poche, toujours chez Picquier. Je n'ai pas encore pu vérifier s'il s'agissait d'un choix ou de la version intégrale (dans ce cas, il faudrait encore environ trois volumes).
JI Yun: Des nouvelles de l'au-delà, Folio, n°4326, Gallimard, Paris, 1998, 2005, 2006, 2€ (pour ce prix-là, autant encourager Gallimard à continuer de publier des auteurs chinois).
10:55 Publié dans 2006 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
2006.01.11
Traduction inédite 『日本霊異記』の説話の紹介と翻訳
Contrairement à la littérature de Cour (écrite en kana) mettant en scène essentiellement des nobles, la littérature bouddhique montre toutes les classes sociales, des plus riches et puissants (empereurs, ministres) aux plus humbles (mendiants, animaux), en passant par Kyôkai lui-même, moine de rang élevé qui n’a pas peur de dépeindre ses doutes et ses souffrances. Incontestablement œuvres de spiritualité et d’édification, ces textes n’en sont pas moins destinés à être lus au peuple, et le Nihon ryôiki, écrit en kambun, lorsqu’il est lu, est parfaitement compréhensible par tout un chacun. En effet, si les textes circulaient dans les monastères et les maisons de la noblesse, ils n’en étaient pas moins lus au peuple en séances publiques.
Les nouvelles que réunit le Nihon ryôiki sont brèves (une dizaine de lignes en kambun). Le style en est simple, sans fioriture, mais pas sans répétitions. Parfois, un détail historique permet de situer l’action dans l’espace et/ou dans le temps.
Certains contes trouvent leur origine dans la mythologie chinoise, d’autres dans le folklore local.
Quelle que soit leur origine, ces histoires nous fournissent des détails concrets sur la vie et les souffrances auxquelles étaient confrontés les hommes de l’époque.
Le Nihon ryôiki comporte trois livres (kan 巻).
Pourquoi, sans cœur miséricordieux, faisant porter de lourdes charges à son cheval,
dans ce monde il obtint une mauvaise rétribution
Livre I, XXI
Autrefois, il y avait dans la province de Kawachi un homme (/une personne) qui vendait des melons. Son nom était [=Il s’appelait / On le nommait] Isowaké. Il faisait porter à son cheval des charges qui dépassaient ses forces. Quand il ne pouvait plus avancer, il le fouettait et le frappait violemment. Epuisé par ces lourdes charges, [l’animal] répandait des larmes des deux yeux [=pleurait à chaudes larmes]. Lorsqu’il avait fini de vendre ses melons, il tuait alors le (/ce) cheval. Ainsi, cette pratique de la mise à mort était fréquente [=Il lui arrivait fréquemment de tuer ainsi ses bêtes]. Mais un jour, [alors qu’]Isowaké s’était un peu [approché pour] regarder une marmite [remplie d’eau] en ébullition, ses (deux) yeux furent brûlés par la vapeur qui en sortait. La « rétribution de son vivant » (gempô) est très proche [=arrive très rapidement]. Il convient de croire au karma (/aux causes et aux effets). Quoique l’on voit des animaux, ce sont [peut-être] [=Voyez les animaux : qui nous dit que ce ne sont pas] nos défunts parents. [ ?] Les Six Voies (Rokudô)[1] et les Quatre [types / formes de] vie (Shishô)[2] [sont] les catégories (/demeures) où nous (re)verrons le jour. Pour ces raisons, on ne saurait manquer de miséricorde !
[1] Les Six voies (Rokudô 六道) : du moins élevé au plus élevé : démon infernal (jigoku 地獄) ; ogre affamé (gaki 餓鬼) ; animal (chikushô 畜生) ; primitif combatif des souterrains et du fond des mers (ashura 阿修羅) ; humain (ningen 人間) ; être céleste (ten 天).
[2] Les Quatres [types de] vie (Shishô 四生) : vivipare (taisei 胎生) (homme et animaux en général) ; ovipare (ransei 卵生) (oiseaux ; poissons) ; les êtres qui naissent dans l’humidité (shissei 湿生) (papillon de nuit ; ver) ; la génération spontanée avec transformations (kasei 化生) (êtres célestes (shoten 諸天) ; êtres infernaux (jigoku no mono 地獄のもの)).
19:15 Publié dans 2006 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学, Séjours au Japon 日本 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
2005.12.23
Rencontre d'un ainé confrère ジャン=ジャック・ニュエルという作家に知り合いました
Une fois de plus, ma ville me fournit de belles expériences intellectuelles. Je viens en effet de rencontrer Jean-Jacques NUEL. J'ai eu le plaisir de découvrir une personne charmante avec qui j'ai pu discuter littérature (j'ai d'ailleurs allongé la liste des auteurs qu'il faut absolument que je lise : Raymond CARVER ; Charles BUKOWSKY...). Nous nous sommes de surcroît trouvé une même admiration pour LA BRUYERE. J'ai aussi été fort surpris d'apprendre que l'aspect "japonais" de mon parcours était ce qui avait d'abord attiré l'attention de l'homme de l'Annexe.
Enfin, je gage que cet écrivain fort intéressant aura lui aussi des choses à m'apprendre.
10:10 Publié dans 2005 Au fil de la plume 日記, Littérature 文学, Lyon リョン | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



