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De Properce

Avant aujourd'hui, Sextus Propertius, dit Properce chez nous (41 - ?), n'était qu'un nom, parmi la liste d'auteurs classiques que ma curiosité se promettait de lire un jour indéterminé. L'écoute d'une émission de France Culture, "Une vie, une oeuvre" (émission du 15 mai 2005), se révéla particulièrement enrichissante, me permettant de faire connaissance avec ma prochaine lecture de l'été, le grand élégiaque latin, pétri de culture grecque. On suppose qu'il mourut jeune, mais on ignore quand exactement. On sait juste qu'à partir d'une certaine année, il cessa de publier. Peu importe après tout, car son oeuvre est un petit bijou, et sa vie semble, intellectuellement tout a moins pour ce qui est sûr, avoir été bien remplie. medium_155120328-photo.jpg Dans le cercle de Mécène, il a connu Virgile, a été l'ami d'Ovide (tant de grands noms réunis ici, cela semble faux, et pourtant !), aurait rendu jaloux l'empereur Auguste par son génie et peut-être même payé cher...
Esprit "indépendant", noble d'âme, dépourvu de cynisme, mais doué d'humour (parfois capable de second degré assez jouissif) : et c'est tant mieux, il n'en est que plus cohérent, attachant. Il s'attacha à faire de sa vie, une "vie en élégie", malgré des "valeurs contradictoires" : il consacra un cinquième de son oeuvre au patriotisme, mais à chaque fois, il ne peut s'empêcher de revenir à l'amour. Amour de l'amour ? Ou amour du dire l'Amour ?... Peu ont su aussi bien décrire l'amour et ses réalisations dans sa complétude, sans occulter ni le sentiment, ni la sexualité la plus sensuelle (rien de crapoteux chez lui, mais rien non plus d'éthéré). Coeur et corps intimement mêlé dans une recherche langagière qui s'inscrit dans un contexte intellectuel bien particulier. Les écrivains latins de cette époque s'étaient en effet attachés à faire de la poésie grecque en latin. Bien que profondément romain, Properce pensait en grec, et écrivait en latin. Le respect de règles formelles qu'il s'était imposé, loin de le limiter, de le rigidifier, lui fournissait en réalité le cadre propice à son envol, et de là lui permettait toutes les innovations maniéristes (au sens premier), où s'exprimait pleinement son génie de conteur autant que de poète, si doué pour nous surprendre. On le dit un des auteurs les plus difficiles à traduire, et je veux bien le croire, au vu de l'original... Le succès assez constant dont il bénéficie sur Internet, et souvent "dans le texte", rend raison à son oeuvre répandue de son vivant dans un petit milieu, somme toute, même si c'était un cercle de qualité.

Encore une raison de plus de faire, même tardivement, mes humanités.


Quelques références :
émission de France culture du 15 mai 2005 : (Quel délice en outre que d'entendre des extraits de ses textes lus en latin par une Italienne. Rien à voir avec la prononciation dite "restituée" du latin enseignée dans les écoles et les manuels, comme si nos professeurs français y étaient... )
http://users.skynet.be/remacle/auteurs/Properce.htm
http://remacle.org/bloodwolf/poetes/properce/table.htm : pour un accès aux oeuvres
http://www.saintmont.com/jl/articles/jl30.htm : pour un aperçu général du contexte intellectuel de l'époque

Commentaires

  • J'ai écouté cette émission sur Properce avec intérêt. Que ceux qui ont fait leur métier de se connaître en poètes élégiaques latins ne sachent pas si ceux-ci écrivaient leurs distiques avec plaisir me laisse un peu perplexe. Certains contemporains trouvent encore du plaisir, paraît-il, à faire des vers latins. Et pourtant, ces rythmes nous sont encore plus étrangers qu'aux Latins eux-mêmes.

    Sur la mort de Properce, mais aussi de Tibulle, de Virgile, d'Horace, d'Ovide, et de Catulle avant eux, on peut aller jeter un oeil sur le site indiqué ci-dessous, où l'on apprend que, peut-être, mais c'est un point de vue très peu partagé, tous auraient été zigouillés par Auguste, sauf Catulle qui, lui, aurait été la victime de César.

    http://www.virgilmurder.org/

  • Merci de votre participation, Olivier.
    J'avais vu votre page à ce sujet, et je comptais même la mettre en lien. Vous m'avez devancé. Impossible alors de vous prouver ma bonne foi...
    Quant au site que vous présentez, il a l'air sérieux, mais difficile de savoir si les hypothèses qui y sont exposées sont la vérité ou pas. En tout cas, c'est cohérent.

  • Le lien est placé !

  • Ah Properce, poète latin, né en Ombrie...
    Properce et Hostia, amour passionné...
    Bon week end...

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