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  • Premier point sur le blogue

    Ce blog commence a avoir sa petite trentaine de lecteurs, ce dont ma vanité se félicite. Leurs commentaires bienveillants et intelligents (spécial dédicace à laprod, V. et Zlu), leur assiduité qui m'honore (notamment le Stalker) me font chaud au coeur. Je vous remercie.
    Aujourd'hui, j'ai visionné deux films dont je compte vous donner les notes de critique quand j'aurai le temps. Je peux déjà vous dire que l'un des deux était "House of the Dead", un authentique nanar récent...

  • Mode 1 et féminisme de l'auteur

    En ce moment, du côté de Shibuya (Tôkyô), c'est la mode des sous-vêtements portés sur les vêtements. Moi qui déteste la dentelle, non seulement je trouve ça non excitant, mais en plus vulgaire. Au Japon, qu'une jeune fille puisse s'habiller plus vulgairement qu'une prostituée m'attriste, car elle ne se rend pas compte de l'image qu'elle donne, et en même temps me réjouit dans le sens où l'on peut se vêtir comme on veut, on n'est jamais embêté dans la rue. Le sublime y côtoie le ringardissime ou le vulgaire, et les hommes font semblant de ne rien voir, ou bien sont blasés. Il faut dire que les images de jolies filles sont présentes partout, et les filles qui s'habillent comme les mannequins les plus sexy sont légion. Au début, l'homme occidental que je suis était assez émerveillé. J'avais l'impression d'atterrir dans une sorte de paradis, mais très vite l'instrumentalisation du corps de la femme, sa chosification mercantile me sont apparues et la rêverie a cédé la place à l'écoeurement. Comment me sentir bien, quand je ne vois que des femmes objets ? Où est le progrès là-dedans ? Que font les femmes pour éduquer les hommes ? En France, nous avons des féministes actives, mais nous avons aussi les seins nus sur les plages ou comment les femmes se chosifient elles-mêmes (une photo de charme ne me choque pas, mais des seins nus à la vue de tous me choqueront toujours, sans doute parce que j'attribue une grande valeur érotique à la nudité féminine). Au Japon, les féministes sont infiniment minoritaires, et les femmes sont en petites tenues et se trémoussent de façon grotesque sur des rythmes néo-yéyé ou techno survitaminée pour arracher un éclair de lubricité au consommateur masculin actif potentiel.
    Les femmes japonaises qui atteignent des postes à responsabilités sont l'objet de toute mon admiration dans ce monde machiste (mais sûr) qu'est le Japon.

  • Des ménages m'en... et indigestion visuelle de nouilles

    Je viens de perdre une heure de texte rédigé directement sur le blog. Je recommence sur le même sujet, sans la verve du début, sur mon bloc-notes, et ce sera un copié-collé des familles.

    Aujourd'hui, j'ai commencé à envisager mon déménagement d'août (eh oui, les meilleures choses ont une fin), et ma dizaine de cartons , pleins, à moitié pleins (ou à moitié vide : au fait, êtes-vous optimiste ou pessimiste ?) et vides m'a singulièrement rappelé aux contingences matérielles. Je vais devoir cette fois prévoir le retour d'affaires accumulées pendant trois ans, et qui avaient déjà transité par deux fois dans le Japon (avec les problèmes de stockage que cela peut poser). Il va me falloir jouer réfléchi (en essayent de payer le moins possible : un déménagement à l'autre bout du monde quand on est étudiant, vous imaginez), en gérant mes stocks : ce dont j'ai encore besoin ici, et ce dont je me défais petit à petit, sachant que par bateau, il faut entre deux et trois mois... Les livres représentent l'essentiel de mes acquisitions. Rien que concernant mon sujet de thèse, j'en ai déjà accumulé un plein gros carton. Heureusement que le soir je fais (ces derniers temps) une pause bien méritée. Un pruneau fourré au pruneau (ma famille m'en a envoyé trois sachets et j'en ai reçu un quatrième en cadeau d'un camarade français !). Sans être un inconditionnel des pruneaux, j'en mange régulièrement, tous les jours (en modeste quantité, car je suis un plus gourmet que gourmand et pour éviter les désagréments du lendemain), et c'est assez plaisant. Ca n'est parfois pas sans éveiller en moi un certain plaisir, notamment lorsque j'écoute la radio en même temps, par exemple France culture (je reviendrai sur ce sujet un autre jour) ou de la musique (en ce moment, par exemple, Haydn ou Mendelssohn). Je m'égare : eh puis quoi encore, du plaisir ?! Et pourquoi pas de la gastronomie pendant qu'on y est ?! Assez d'impudique déballage masticateur ici !

    Ce qui m'amène à penser que la nourriture est au coeur de la vie érotique, urbanistique et constitue un des sujets de prédilection des media au Japon. En une journée, sur une chaîne il passe plus d'émissions ou de (publi-)reportages concernant la nourriture que sur toutes les chaînes françaises réunies en deux mois.
    Au titre de l'urbanisme, on cultive des légumes dans le sous-sol d'une ancienne banque (un gratte ciel), et tous les centres commerciaux disposent d'un marché couvert, souvent des épiceries fines, au sous-sol du gratte-ciel qui les héberge.
    Lorsque je suis arrivé pour la première fois à Tôkyô, l'odeur de la sauce de soja, omniprésente, m'a sauté au nez comme l'avait fait celle de l'iode lors de mon premier séjour en Bretagne, habitué que j'étais à la Méditerranée. Lors de mon deuxième séjour, je ne sentais déjà plus rien.
    Dans une émission populaire, deux "gros tas" (pour reprendre l'expression d'un de mes sempais) s'extasient à en pleurer sur des nouilles au jus ou des tranches de porc transgénique aggloméré pané (tonkatsu トンカツ) qui y surnagent mollement. Ils ont même popularisé une expression de leur cru : "Mayû マユー" (Il est omb !! : verlan japonais de "Umai うまい" : Il est bon) dans le troquet du coin, au grand contentement des employés dudit établissement. C'est toujours pareil, et personne ne se lasse, ni les "gros tas", ni les sponsors (qui rappellent régulièrement leur juteuse présence), ni les spectateurs qui jettent un oeil fatigué et distrait sur l'écran lumineux saturé de sous-titres "amusants".
    Ce soir, était diffusée l'émission hebdomadaire au cours de laquelle des trentenaires (joyeux ?) déguisés en lycéens (dont une jeune femme assez attirante et au bagout réjouissant) dégustent des plats concoctés par un chef chaque semaine différent. La soirée est entrecoupée de reportages, notamment sur les cuisines du chef, et s'achève par l'épreuve tant redoutée par nos convives qui se sont "pétés le bide" : l'addition. Il s'agit de deviner le prix de chaque plat. Celui dont le total s'éloigne le plus du prix réel paye la douloureuse pour tous ! Bien que les participants (comme l'invité de la semaine) puissent tout à fait se le payer, et que celui qui pleure aujourd'hui tout haut se réjouira la semaine suivante tout bas (mais souvent tout haut aussi), n'empêche pas les notes de s'élever de 200 000Y (2000 E.) à 1 million (10 000 E.)... Pendant l'émission, la ménagère attentive aura relevé sur son cahier les recettes données à la hâte par le chef du moment.
    Vous reprendrez bien une tranche, cher sempai ?

  • Des packs de lait

    Ce soir, la machine à rendre idiot (= la télévision) diffusait un reportage sur une famille pauvre très économe, obligée de déployer des trésors d'ingéniosité pour vivre décemment. La mère était très active et bricoleuse. Pour assurer au fils préadolescent un minimum d'intimité dans le studio (quatre murs sales en déliquescence et un toit), elle avait commencé de bâtir un mur avec des packs de lait. Assez long (3 mètres ?), il faisait déjà un mètre de haut. Quand le fils aura 30 ans, il atteindra le plafond ! Mais ces packs de lait ne servaient pas qu'à cette maçonnerie de fortune : bien attachés entre eux, ils avaient également été employés à la fabrication d'un lit, recouvert d'un futon. Aux dires du journaliste, il était très ferme. Mais était-il très solide ? Les fameux packs servaient aussi de tiroirs de rangement et de présentoir de papier hygiénique. Difficile de savoir quelle était l'intention du journaliste devant ce reportage : faire l'éloge de la débrouillardise et de la simplicité ? Fournir une idée "amusante" de bricolage pour une séance de distraction en famille ? Se moquer de la misère d'une famille et de son mauvais goût ? Peut-être un peu tout à la fois. Notons aussi que ce sujet était diffusé dans une émission de divertissement en prime time...
    J'aurais pu ressentir beaucoup de peine pour ces honnêtes gens, s'il n'y avait eu une lueur d'espoir : par leur(s) économie(s), ils avaient réussi à mettre de côté, en un an, 1 million de Yen (soit 10 000 E.).

  • La tentation de l'"écrire" et le désir de silence

    Il en est qui ne supportent pas de ne pas avoir de bruits ou de musique pour meubler le silence de leur solitude. Je ne suis pas comme ça. J'écoute beaucoup de musique, mais dans la journée, il m'arrive d'avoir soif de silence et de solitude. En ces moments, si j'en ai la possibilité, je me retire et je me recueille. Une courte sieste (un quart d'heure) peu s'avérer une bonne mise en condition. J'aime observer le ciel, mais le plus souvent, un mur nu fait l'affaire. Je ne peux écrire qu'en face d'un mur, comme si celui-ci me renvoyait une image de mon espace intérieur. Enfant et adolescent, je couvrais mes murs de dessins et de posters, et j'en suis venu progressivement à rechercher le dépouillement. J'aime mon bureau et ses murs nus. J'aime ses espaces vides qui me donnent l'illusion que je pourrais déménager à tout moment. J'aime me dire que si on survient tout à coup dans la pièce, on ne trouvera aucune information personnelle sur moi : quelques vêtements, des objets usuels, un ordinateur (c'est là que tout est concentré). Rien ne traîne, rien n'est sale.