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Littérature 文学 - Page 8

  • Autres bonnes nouvelles éditoriales 新しく出版された本-グラスィアン

    Après PU Songling chez Picquier [lien mis à jour !!], je salue avec un enthousiasme majeur la publication d'une anthologie des essais politiques de Balthasar GRACIAN, recueil bien rempli, sur beau papier, qui réunit les chefs d'oeuvre d'un penseur que l'on redécouvre avec un plaisir vif.
    C'est une intelligence incisive, à la fois lucide et idéaliste, un intellectuel engagé qui souhaite réenchanter la politique espagnole pour lui redonner un lustre, un prestige qu'elle a perdus.
    Mais au delà de l'aspect historique de cette oeuvre, c'est l'actualité, l'applicabilité à aujourd'hui, qui m'ont frappé. Il y a urgence à relire cet auteur qui nous en aprrend plus sur nous mêmes que bien des penseurs contemporains.

    Traitté politiques, esthétiques, éthiques, trad. et notes Benito PELEGRIN, Seuil, Paris, 2005.


    Deuxième grande joie éditoriale : la publication de l'intégrale des nouvelles de BALZAC, en deux volumes de Quarto Gallimard.

    Enfin, la splendide réédition chez Le Livre de poche (Bibliothèque classique), critique (avec de commodes notes de bas de page de Jacqueline HELLGOUARCH'), du Siècle de Louis XIV de VOLTAIRE, historiographe du roi à l'époque, véritable enquête auprès des survivants de cette épôque. Cet ouvrage n'a longtemps été disponible qu'en occasion, ou dans une récente réédition des Oeuvres historiques, dans la Pléiade, imprimé à un petit nombre d'exemplaires.

  • Enfin une bonne nouvelle ユイスマンスを知っていますか。

    Robert Laffont vient de publier le premier tome (sur deux) des Oeuvres romanesques de HUYSMANS. Enfin, en un format partique, avec des notes, et dans une collection sérieuse, une republication des oeuvres du génial écrivain dont le Là-bas m'a fortement marqué. J'attends la sortie du deuxième volume, et je me prends les deux volumes sous coffret. Je pourrai attendre, vu qu'à part L'oblat, De tout et la correspondance, je possède tout ce que HUYSMANS a écrit, nouvelles, romans, essais et pièce de théâtre. Cette publication, avec une jolie couverture et un soin tout particulier mis à l'établissement des textes, est à saluer à mon sens comme l'évènement éditorial de l'année.
    Au rythme où vont les choses, dans vingt ans, il sera Pléiadisé.

    RAMUZ vient (heureusement) de l'être, alors pourquoi pas HUYSMANS ? A ce propos, on découvrira avec une grande joie les oeuvres de jeunesse de ce poète de la prose suisse.


    J'ai également découvert le dernier joyau de chez Picquier (cette collection serait parfaite si les caractères chinois des mots figurant en note étaient restitués) : Chroniques de l'étrange, de PU Songling (1640-1715), un coffret de deux gros volumes cartonnés de première classe, dans une excellente traduction d'André LEVY.

  • Je vaincrai GENETTE !

    Contre le bon sens et mon gré, mon chef vient de m'imposer une présentation publique de Palimpsestes de Gérard GENETTE (qui n'a RIEN à voir avec mes recherches). J'ai une semaine pour le lire et en faire un compte-rendu universitaire devant un collège de chercheurs. J'ai tout de suite commencé la lecture, mais je n'aurai jamais fini à temps. A votre avis, que faire ? Tous les conseils seront les bienvenus.

     

    2005.10.31

    Qui l'eût cru : j'en suis déjà à la page 320, et je ne suis toujours pas mort dans d'atroces souffrances (!). Bien, ceci étant, ce livre fait à mon goût 200 pages de trop, mais dans son genre, il touche presque à l'exhaustivité. Ca se laisser lire, la grammaire est compréhensible. C'est jargonnant, mais l'humour discret de l'auteur aide à faire passer le supositoire.

  • Annonce de note

    Je sais : des promesses, toujours des promesses... Mais bon, il me plaît de croire que je pourrai un jour (je ne dis pas "bientôt") écrire une note sur Sainte Lydwine de Schiedam de HUYSMANS, qui vient d'être réédité (avec une ignoble couverture rose - que je me suis empressé de couvrir de kraft noir).

  • BALZAC et le meurtre par les mots バルザックのある怪奇短編小説について

    Avant de ranger le livre (devenu rare), voici une notule pour vous présenter quelques oeuvres qui méritent, m'a-t-il semblé, d'être lues.

    Parmi les histoires qui composent ce volume d'anthologies de contes fantastiques de BALZAC, je retiens tout particulièrement "L'élixir de longue vie", avec son final gore qui évoque un Evil Dead ; les "Aventures administratives d'une idée heureuse" et "Les martyres ignorés" .

    "L'élixir" est une variation baroque, grotesque et hardie sur le thème de Don Juan dont je recommande la lecture.
    Les "Aventures" et "Les martyres" retiendront un peu plus mon attention.

    Dans cette oeuvre comme dans la seconde, il est question, sous une forme très "romanesque", d'âmes que l'on vole, d'idées qui se font hommes et de mots qui tuent. Ainsi par exemple cette historiette :

    "Un jeune Hanovrien, venu momentanément à Londres, se plaignit à plusieurs reprises d'un vol assez bizarre. Un monsieur lui avait pris, disait-il, sa cervelle, ses idées, et les détenait dans un bocal. A Paris, personne ne se serait étonné de ces vols ; on y prend sans façon les idées des gens qui ont des idées ; seule ment, on ne les met pas en bocal, on les met en journal, en livre, en entreprises. A Londres, les gens du monde agirent comme agissent ceux de Paris ; ils se moquèrent de mon pauvre Hanovrien, mais sérieusement, à la manière anglaise. Ce jeune homme restait par suite de ce brigandage dans un état d'imbécillité, de paresse, d'ennui, de spleen qui donnait beaucoup d'inquiétudes à ses amis. Alors, il fut fait droit à ses plaintes. On le mit à l'hospice de Bedlam. Il y resta près de deux mois. Un jour, l'un des médecins les plus célèbres de Londres racontait à l'un des médecins de Bedlam qu'il venait de voir le matin l'un de leurs confrères, à moitié fou probablement, qui se livrait à des opérations chimiques sur quelques masses d'idées prises à différents individus et contenues dans des bocaux très bien étiquetés."

    "Les martyres ignorés" présentent, sous forme d'une conversation d'intellectuels européens (des Français, un Allemand, un Russe et un Irlandais), des anecdotes sur le thème des mots (ou des idées) qui tuent. Ainsi par exemple l'histoire des ces collégiens irlandais qui, pour se venger d'un surveillant général particulièrement infect, le piègent dans une salle et lui font un faux procès, déguisés en juges et en bourreau. L'homme se laisse faire et condamner à mort sans rien dire. Il se laisse attacher sans résistance et poser sur le billot. Au moment ou le faux bourreau fait semblant d'abattre son hachoir jouet sur sa nuque, l'homme décède d'émotion.

    Ou encore l'histoire de cet homme viveur qui, pour taquiner sa femme dévote, lui fait croire qu'il va l'assiner parce qu'elle l'a trompé (ce qui ne gêne nullement notre homme qui ne l'avait épousée que pour les convenances). Il lui donne un verre de vin vieux, laissant entendre que s'y trouve du poison. La femme boit, ils se quittent. Le lendemain, on fait prévenir le mari que sa femme est subitement décédée. Elle s'était convaincue qu'elle avait été empoisonnée, et son corps l'avait crue.

    L'autosuggestion, les crises cardiaques suite à un choc psychologique, voilà desphénomènes à cheval sur plusieurs domaines : médecine, psychologie, mais aussi spiritualité. En effet, la mort de sa femme poussa le libertin au remords, qui se convertit à la religion, et entra dans les ordres.

    Orgueil, vengeance, égoïsme, remords, rédemption, âme, fluides, récits, tels sont quelques uns des mots clés qui me viennent à l'esprit lorsque j'évoque ces deux oeuvres, à la fois noires comme le Romantisme, et pleines d'un humour discret qui n'est jamais forcé.

     

    BALZAC, Honoré de : Contes fantastiques, Marabout, Vervier, 1971.